Tempérer l’empathie et développer la compassion

Pour expliquer la différence entre les deux, le mieux est de ce référer au moine bouddhiste Matthieu Ricard, un home doté d’une capacité légendaire à contrôler ses propres pensées.

Récemment Ricard à été invité par la Neurologue Tania Singer à passer une matinée dans son appareil IRM. Singer se demandait ce qui se produisant dans notre cerveau lorsque nous éprouvions de l’empathie. Et surtout, elle se demandait si il existait une alternative.

La veille à la demande de Singer, Matthieu Ricard avait visionné un documentaire sur des orphelins abandonnés dans une institution en Roumanie. Lorsque, le lendemain, on lui enfourna le cerveau dans la machine, Singer lui demanda de repenser à leurs regards vides. A leurs corps tout maigres. Ricard tenta de se représenter le plus intensément possible ce que ressentaient ces enfants.

Une heure plus tard, il était  complètement vidé.
En effet, c’est ce que produit l’empathie. Elle nous exténue.

Après sa première session avec Matthieu Ricard, Tania Singer changer son fusil d’épaule. Elle demanda au moine de penser à nouveau aux enfants roumains, mais cette fois sans chercher à entrer en résonnante avec leur souffrance. A présent, il pouvait faire ce à quoi il s’était entrainer pendant des années. Ricard tâcha de ressentir non pas leur souffrance à eux, mais d’autres sentiments pour eux. Il convoqua en lui le plus le plus possible de chaleur, d’amour et de bonté. il essayait ainsi, plutôt que se se mettre à la place des enfants, de conserver une certaine distance.

Singer pouvait observer la différence sur son écran de contrôle. C’étaient de tout autres réseaux cérébraux qui étaient activés. L’empathie activait surtout « l’insula antérieure », juste au dessus de l’oreille, tandis que c’étaient à présent le « striatum » et le « cortex orbitofrontal » qui étaient activé.

Que se passait-il ?
Les psychologues appellent l’attitude de Matthieu Ricard la « compassion ».  Contrairement à l’empathie, la compassion ne coute pas d’énergie. Au contraire, elle permet au moine de de se sentir beaucoup mieux. La compassion est plus maîtrisée, plus distanciée et plus constructive. Elle n’amène pas à partager la souffrance d’autrui, mais permet de la voir et ensuite de passer à l’action. La compassion donne de l’énergie.

C’est exactement ce dont nous avons besoin. Devons nous dès lors tous nous mettre à la méditation ? Au départ cela semble un peu perché, mais il y a quelques éléments scientifiques qui tendent à prouver que nous pouvons en effet entrainer notre capacité à la compassion grâce à la méditation* . Le cerveau est relativement plastique. Si nous allons au club de fitness pour notre corps, pourquoi n’entrainerions-nous pas aussi notre esprit ?

(Extrait du livre de Rutger Bregman – Humanité, une histoire Optimiste)

*Daniel goleman et ricgard davidson, the science of meditation : jhow to change your brain, mind and body, londres, penguin books 2018. Miguel faris et cahtherine WIKOLM, the buddha pill: can meditation change you ? Londres watkins publishing 2015.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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